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Some Photos by: Manny Ardouin - Gilbert Saurel - Francois Adrien and other photographers. Album actif

Ils transposent la souffrance, la joie, le temps et leurs souhaits en musique. E. Ardouin
       
    
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Issa Saieh, (1919-2005)
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Issa Saieh, (1919-2005)
The legendary orchestra leader and gallery owner Issa El Saieh has passed away in Port-au-Prince, Haiti, at the age of 85. He leaves his two children Manno and Babette and three grandchildren.

The family of Issa El Saieh originally came from Bethlehem. It had arrived in Haiti via New York some time at the beginning of the twentieth century, and its members dedicated themselves to business, with great success. Issa’s half brother Élias Noustas founded the first department store in Haiti: La Belle Créole.

Issa became a legend in his own life time, in two ways. During the 1940s and 1950s he had a big band that created a new school in Haitian music, The band played a mixture of Haitian music, jazz and Afro-Cuban, and cut a number of records on Issa’s own label, named La Belle Créole as well. Issa had been to school in the United States, and later he would take music lessons in New York from Eddie Barefield, Walter ‘Foots’ Thomas, Andy Brown and Budd Johnson. He played tenor sax and clarinet but never took any solos. Issa was more of an organizer and an arranger who would regularly bring such great musicians as Budd Johnson and Billy Taylor to play with the band. The orchestra became a nursery for musicians and singers who would eventually be among the most well-known in Haiti, like the alto sax Raoul Guillaume, the singers Guy Durosier and Joe Trouillot, and the drummer Ti Marcel, who compared with Ti Roro, known for his cooperation with Katherine Dunham. (He also played with the band from time to time.)

During the 1950s Issa also opened his art gallery, without the shadow of a doubt the most famous one in the country, described in all guide books. He was a unique talent spotter who discovered and hired a large number of the great Haitian naïves: Jacques Enguérrand Gourgue, André Pierre, André Normil, Jacques Chéry, Seymour Bottex, Alexandre Grégoire and dozens of others. His prices were always reasonable, he never dickered, that was for tourists, and he always left you time to pay, if necessary. His own collection of Haitian art is the best one in the world.

For some years around 1960 Issa also manged the Grand Hôtel Oloffson. There he met Graham Greene, and sure enough he is to be found in The Comedians, as Hamit, the ‘Syrian’, who is murdered and who knew ‘as many intimate things as a prostitute’s dog’. Issa had himself experienced Papa Doc’s regime of fear when in the mid-sixties he was thrown into the notorious Fort Dimanche. It was a total of one month in different jails for some made-up crime before he was back out again.

The Galerie Issa for may years was a gathering place in Port-au-Prince. Issa rarely left his house. He did not have to, because people came to him instead. It was always fun, and you could be certain that something happened and that you always met someone; artists, journalists, some minister and more or less corny tourists who could never quite figure out whether what Issa told them was serious or not. It was like a day at the race track with the Marx brothers.

Issa’s last years were darkened by Alzheimer and a weakening memory, but the illness never managed to grip him completely. He was a formidable institution, personally completely without pretension, full of stories, and he knew everybody. Now, he is gone. An epoch has come to an end. Sayonara Issa!
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Narration par Roland Leonard, Le Nouvelliste 21 Juillet 2008

Issa-el Saieh : Ave, maestro ! Les vivants vous saluent

Epris de modernité et de mise à jour orchestrale, il fait appel au pianiste cubain Belbo Valdez, son frère spirituel, au saxophoniste ténor et arrangeur américain Budd Johnson, au pianiste Billy Taylor pour convertir ses partenaires et coéquipiers, dans des ateliers à l'esthétique nouvelle du ''Bop'' et ses acquis harmoniques.

On se sent tout penaud, essoufflé et retardataire dans cette démarche : elle aurait dû venir plus tôt. Plus de soixante ans, après sa consécration de son vivant et dans sa jeunesse par des centaines et des centaines de couples dansants, anonymes, et par ses pairs musiciens, après les apologies brillantes de Thony Louis-Charles, Ed Rainer Sainvil, Louis Carl Saint Jean et Mats Lundahl, que peut-on ajouter de mieux à la gloire de ce brillant fleuron de notre musique de danse populaire et urbaine ?

Toute nouvelle exégèse peut sembler redondante et superflue... Et pourtant l'artiste et son orchestre légendaire interpellent fortement notre conscience et notre plume à témoigner de son apport inestimable au progrès de l' univers des notes chez nous.

Non, s'agissant d'Issa-el-Saieh on ne tarira jamais de paroles, d'écrits, d'éloges. C'est également pour nous l'occasion de méditer sur la quête identitaire chez nous, sur le véritable sens de l'haïtianité et de la citoyenneté, du sentiment d'appartenance, et sur la vanité et les dégâts de la question de couleur et sociale dans la reconnaissance des valeurs. On conclura aussi que métissage culturel et nationalisme ne sont pas incompatibles si on respecte les proportions...

On connaît les détails de sa biographie (1919-2005). D'ascendance palestinienne de par ses parents, il est né à Petit Goâve le 22 février 1919 ; il séjourne dix ans environ aux Etats-Unis (1929-1939) pour sa scolarité au cours de la quelle il joue de la clarinette et du saxophone dans la fanfare de l'établissement. De là-bas, il garde la passion du jazz. De retour en Haïti, il intègre les rangs du ''jazz'' Rouzier en 1940 (sax et clarinette).

Avec quelques-uns de ses membres et les meilleurs instrumentistes, avec l'arrangeur Antalcidas O. Murat, il forme ''l'ensemble Issa-el-Saieh'', l'un des pionniers , en 1942, à intégrer les thèmes et les rythmes folkloriques dans la musique de danse commerciale.

Un peu plus tard, l'orchestrateur Bobby Hicks, natif de Saint Thomas, établi à Porto Rico, lui prêta ses services inestimables .

Actif de 1947 à 1952, dans l'orchestre, en tant que musicien et leader, ce fut la meilleure période d'Issa-el-Saieh, avec dans ses rangs des talents comme Serge Lebon, Hilario Dorval, et Alphonse ''Chico'' Simon aux trompettes ; Raoul Guillaume, Roland Guillaume, Charles Dessalines, Guy Durosier, Wébert Sicot, Ludovic ''Dodo'' William, Sevelum : saxes ; Raymond ''Ti-Roro'' Baillergeau et Marcel ''Ti-Marcel Jean : tambourineurs ; Antoine ''Zanmi'' Sénécal à la batterie ; Kénel Duroseau à la basse ; Belbo Valdez et Ernest ''Nono Lamy : pianos ; Joe Trouillot, Vaille Rousseau, René Dor, Guy Durosier, Herby Widmaier : Chanteurs...

Quintessence et pléiade de bons musiciens du moment qui allaient devenir, dans le futur, d'excellents chefs d'orchestre ou hommes de scène, de grandes vedettes.

Cet ensemble a connu une à deux fournées différentes et des noms nous ont échappé tantôt comme : les Bretoux, Fritz Pierre, Marcel Fleury, Kesnel Hall, aux trompettes ; Victor Flambert au saxophone ténor, Emmanuel''tonton''Duroseau au piano; Louis ''coucoune '' Denis à la batterie.

L'époque

De 1940 à 1956 environ, la société haïtienne passe par les grandes phases d'une mutation idéologique . Le sentiment nationaliste et indigéniste brandi à la face de l 'occupant américain comme force de résistance politique et culturelle, dans les décennies précédentes- les années trente en particulier- d'abord manifestation élitiste et savante (en musique : Werner.A. Jaegerhuber, Lina Mathon Blanchet, François Guignard) s'exacerbe et gagne la ferveur de la presque totalité des couches sociales. Dans les différents domaines et manifestations artistiques, le folklore haïtien devient la référence identitaire incontournable.

On ne peut passer, néanmoins, sous silence les tensions de l'intérieur engendrées par les clivages économiques et l'épiphénomène de la répugnante question de couleur.

La fin de la guerre, la chute d'Elie Lescot et la dite révolution de 1946 voient émerger le régime de Dumarsais Estimé, favorable aux courants exprimés par les penseurs et précurseurs visionnaires tels que Jean Price Mars (Ainsi parla l'oncle), Jacques Roumain, Pétion Savain, Philippe Thoby Marcelin, les écrivains de l'école indigéniste et les Griots, pourfendant la tendance au bovarysme culturel de l'élite bourgeoise haïtienne, responsable de nombreux malheurs.

C'est le triomphe officiel et la concrétisation de ces doctrines mises au profit de la propagande et de la machine gouvernementales qui les institutionnalisent au bénéfice de l'essor du tourisme et des visiteurs étrangers friands de créations natives, de productions autochtones.
Les excès de cette tendance engendrent un effet pervers, à charge de revanche sur le mulâtrisme : le noirisme, bien servi par l'argutie et le boniment de l' authentisme...

Issa-el-Saieh va donc être pris entre deux feux, tiraillé entre son amour profond des airs musicaux folkloriques et sa fascination du JAZZ ramenée des Etats-Unis ; culture engendrant l'hostilité d'une grande partie du public en fonction de la récente occupation ; culture cependant d'essence, d'origine nègres.

Le règne-tampon de Paul Magloire (1950-1956), soucieux de consensus social, de tempérance et d'harmonie, va lui être favorable. Cabane Choucoune, entre autres boîtes de nuit, sera son temple d'expression pour ses grandes messes du samedi soir, dont l'un des fidèles était ''Kanson-fè'' lui-même escorté de sa petite junte et de quelques ministres.

Le style et L'esthétique

De son séjour aux Etats-Unis dans les années trente (30), Issa-el-Saieh a gardé l'amour des grands orchestres de danse de l'ère ''Swing'', dits big bands ou encore Stage bands : une section des anches avec 4 à 6 saxophones, sans compter une clarinette ; une section d'instruments à embouchures, dits ''Brasses'', consistant en trois ou quatre trompettes, augmentée parfois de 1 à 2 trombones, enfin une section dite rythmique composée d'un piano, d'une contrebasse, d'une batterie, auxquels s'ajoutent dans le contexte caribéen des percussions : tambours- congas et/ou bongos.

Cela fait beaucoup de monde à gérer, à coordonner , beaucoup de possibilités de jeux en sections, parties ou ensembles, avec un fond sonore d'accompagnement ou ''background" que les instruments peuvent occuper à tour de rôles : appels et réponses, riffs, accords longuement soutenus, (accords d'orgue ou goops) ponctuations, breaks d'accompagnement, contrechants et comblements, rythmes simulés et arpèges, fill-ins. Bref, toute une architecture demandant les connaissances en écriture de partitions, en instrumentation et orchestration d'un musicien-cerveau : l'arrangeur, dont les compétences vont jusqu'à la composition - l'américain dit bien arranger-composer ; -introductions écrites et conclusions, développements et variations arrangés sont également de ses attributions. Issa-el-Saieh a été idéalement servi sur ce point par Budd Johnson, Billy Taylor, Belbo Valdez et surtout par le grand Bobby Hicks.

La plupart des rythmes folkloriques comme le anvalou, le ibo, le congo, le pétro, le nago, le dahomen, le mayi , la contredanse, à base des thèmes du domaine public tels ''Peze Kafe'' ''fey-o'' ''makaya'' '' kouzen'' '' fèy nan bwa'' ''caroline acao'' '' Odan -na-miré '' '' minis Azaka'' ''Aida '' Madelia- santi-foula''côtoient la méringue lente haïtienne , et la méringue populaire vive et gaie, dite ''méringue Kata'', se confondant souvent avec des cadences proches comme "maskawon", "raborday'' jusqu'au pétro.

Il y a certainement des compositions originales, aux paroles coquines, satiriques et truculentes. Les rythmes afro-cubains, autres influences majeures de l'époque , coexistent avec les nôtres : son montuno, mambo, cha-cha-cha et boléros. La musique cubaine de danse influence, au fait, jusqu'à la structure de notre art : développement en ''mambo'' à bases de riffs se chevauchant pour exciter la frénésie des couples.

Certaines harmonies, audacieuses pour l'époque et dérangeant les sages oreilles haïtiennes accoutumées à la grosse consonance, nous font sourire aujourd'hui tant elles sont courantes : septièmes majeures et mineures, neuvièmes, onzièmes, treizièmes.
Issa-el-Saieh, sur ce point-là, faisait un bon dosage de la tradition et de la modernité.

Le legs.

Fred Paul, producteur de musique de danse haïtienne, a une très bonne culture et du goût, à l'origine d'initiatives louables, non commerciales parfois, préservant notre patrimoine et l'exposant aux jugements positifs de la postérité.

3 CD compilant les oeuvres de l'ensemble ''Issa-el-Saieh ont paru, successivement en 1997 ''El maestro et son orchestre'' et dix ans après en 2007 ''La belle époque'' volumes I et II.

Le plus attachant par la qualité sonore reste et demeure le premier disque de 1997 ''El maestro... '' mettant en relief la voix de Guy Durosier-et non moins celle de Herby Widmaier- enregistré à ''radio progreso, La Havane, Cuba ( 1956 ?1958 ?) avec un orchestre de 22 pupitres, mis sur pied spécialement par Belbo Valdez.A part les chanteurs et le maestro, il n'y a eu que quatre instrumentistes haïtiens à participer à l'aventure :Alphonse ''Chico'' Simon ; Raymond 'ti roro'' Baillergeau , Marcel ''ti Marcel'' Jean René'' ti dor'' .


En voici les titres :

1) ''Anana '' (méringue populaire).Il s'agit d'un ananas spécial, bien féminin

2) Haiti (méringue lente). Une superbe orchestration de la méringue lente de Marcel Sylvain (1935), composition chantée par Guy Durosier .

3) ''Choucoune'' méringue lente . La composition de Mauléart Monton sur le poème d' Oswald Durand est bien rendue par Herby Widmaier

4) Rele'm (méringue populaire à tendance pétro). Quand on a des ''racines'' ,quand on est'' solide'' et que son père est houngan, sa mère manbo... les autres n'ont qu'à bien se tenir.

5) ''La sirène, la baleine'' très intéressant arrangement sur un rythme de IBO .

6)''contre danse # 1'' . Souvenirs associés : 1956. Classe maternelle finissante chez les soeurs de la sagesse .Le pays se prépare à '' jeter'' kanson-fè . Introduction '' en contredanse suivie d'une bonne méringue à tendance carnavalesque. Vive l'absurde !

7)''Magie nan caille'' (méringue populaire à tendance pétro). Encore Guy et sa voix de stentor .

8)Pirouli. Drôle d'histoire ! une chatte à pendentif et boucles d'oreilles suce un pirouli. Ca se comprend, non ?Bizarre !

9)Au perchoir. Méringue lente instrumentale à la gloire du ''resto'' du frangin.

10)''Arona leve ''. Quelle impudence ! Venir prendre ses ébats sexuels dans un cimetière avec un client, en pleine nuit, dans le royaume du Baron Samedi !A genoux ! Demandez grâce au maître-guédé.

11)''Patience ma fille'' (méringue populaire). On charrie la fille qui a coiffé ''Sainte Catherine'' et qui risque de rester avec dans sa main un ''double six'' de domino.

L'amour de son pays, n'est pas une affaire de couleur de peau, d'appartenance sociale ou de caste; il n'a rien a voir avec son ascendance africaine, française ou palestinienne, ni haïtienne. La question mérite d'être soulevée de nos jours, car certains continuent à s'en servir comme arme d'exclusion politique ou culturelle.

Le progrès -dans tous les domaines- n'a que faire des ''ismes'' qui ont semé la pagaille de notre histoire pendant plus de deux cents ans :mulâtrisme, noirisme, authentisme, estimisme, magloirisme, duvaliérisme, jean claudisme..., et j'en passe. Ces concepts honteux et dégradants sont à la base des pires ostracismes rendant sourds et aveugles aux droits et mérites des uns et des autres. Ils doivent être extirpés de la conscience nationale définitivement.

Issa-el-Saieh a eu beaucoup plus de ferveur patriotique que beaucoup de soi-disant AUTHENTIQUES ! Il a bien mérité de la patrie.
Photo Comments:
Guest Bony wrote: March 24, 2006 - 3:43 PM

I Have always wanted to Know about Issa El Saieh. My Father was, for me, a book concerning anything related to haitian music. He was from Croix-des-bouquets and spent his teenage his years in both P-AU-P and his hometown.He knew almost everything about Issa El Saeih,Nemours Jean Baptiste, Beni More, Celia Cruz...Unfortunately, He passed away in Oct 2005. Since I left Haiti, Things that I liked the most are for me now History. We should have books and complete research about those great figures. I am very interesting in Musical and sport figures ... Issa, Dodof Legros,Julien Paul,Ti Paris, Roger Colas,Ti RoRo(I've seen sleeping in the grass in Champs de Mars), Dadou Pasquet. I have been in haiti several times , I could have gone and seen him face to face..
Mes profonds regrets